"Je voulais comprendre le langage des autres spécialistes"

Daniel Spindler Directeur académique du programme Dirigeant & Développement 29/11/2019

Lorsque l’équipe dirigeante de Gillion Construct décide de se lancer dans une réflexion approfondie sur son positionnement stratégique, Xavier Radelet son CEO, s’inscrit au programme Dirigeant & Développement. Son objectif ? Acquérir de nouvelles compétences pour mieux accompagner son équipe.

En 2013, Gillion Construct, l’entreprise de construction générale au sein de laquelle Xavier Radelet a effectué toute sa carrière, connaît d’importantes difficultés. Persuadé qu’il est encore possible de renverser la vapeur, il accepte de devenir le CEO de l’entreprise. Plusieurs collègues se lancent avec lui dans la bataille.

"Notre première priorité a été d’assurer un volume d’affaires suffisant pour maintenir l’entreprise à flot. La solution la plus rapide pour y parvenir était de tirer parti de notre agréation de classe 8 pour participer aux appels d’offres lancés par le secteur public. Nous avons accepté des chantiers de plus petite taille, et cela nous a permis d’assurer un volume suffisant pour maintenir l’entreprise à flot."

Nouvelles compétences

Quatre ans plus tard, Gillion Construct est sorti de l’ornière, et l’équipe dirigeante peut sortir le nez du guidon pour lancer une réflexion stratégique.

"Une des premières étapes a été d’amener de nouvelles compétences au sein de la direction de l’entreprise. En effet, nous étions tous des ingénieurs en construction, avec une expérience en gestion de chantiers.", explique Xavier Radelet.

Afin d’élargir ses horizons, l'entreprise a alors engagé un responsable RH, puis un directeur commercial et un CFO.

"Discuter avec eux m’a amené à me rendre compte de mes limites, poursuit Xavier Radelet. Si je voulais remplir efficacement mon rôle de CEO, il me fallait acquérir de nouvelles connaissances. Je voulais pouvoir à la fois comprendre leur langage et leur vision de l’entreprise et des priorités dans son développement. Je me suis tourné vers la Solvay Brussels School à cause de sa réputation. Le programme D&D me convenait parfaitement, d’autant qu’il était possible de le personnaliser en partie en rajoutant des modules en fonction de mes besoins. Les horaires proposés me permettaient aussi de suivre le programme sans sacrifier ma vie de famille ou ma vie professionnelle."

Réflexion stratégique

Grâce au module D&D, Xavier Radelet a pu réfléchir différemment sur l’avenir de Gillion Construct. Il a organisé au sein de l’entreprise une série de groupes de travail afin de mettre en place un modèle dans lequel chacun se retrouve, leur permettant d’avancer et de faire progresser l’entreprise.

"Nous avons par exemple commencé à nous repositionner, à retravailler notre image. À nous poser les questions que se posent beaucoup d’entreprise pour déterminer leur mission, leur vision, leurs valeurs. En parallèle, nous avons aussi mené une réflexion stratégique : vers quelle direction nous tourner ?"

Avantage compétitif

La bouée de sauvetage que constituaient les marchés publics avait permis à Gillion Construct de développer de nouvelles compétences.

"En Belgique, les pouvoirs publics ont été les premiers à promouvoir une démarche de durabilité dans les nouvelles constructions. La tendance a commencé avec des projets relativement petits, qui sont passés sous le radar de nos concurrents, qui cherchaient de plus gros chantiers. Nous avons pu accumuler rapidement une expérience énorme dans les constructions passives et l’économie circulaire. En quatre ans, nous avons construit plus de 25 bâtiments entièrement passifs et obtenu plusieurs distinctions décernées par l’IBGE. Lorsque les appels d’offres ont commencé à inclure des chantiers plus importants, nous avions un portefeuille de réalisations à mettre en avant pour asseoir notre compétence, ce dont nos concurrents ne disposaient pas."

Plus d’organisation et moins de sous-traitance

Travailler simultanément sur de nombreux projets – Gillion Construct a eu jusqu’à 28 chantiers actifs en même temps – a aussi permis à l’entreprise d’acquérir un savoir-faire en termes de logistique et d’organisation. Ce savoir-faire s’avèrera crucial pour la suite.

"Nous ne pouvions pas continuer éternellement sur cette voie, il fallait inclure de plus gros chantiers dans le mix. Mais les compétences acquises nous ont permis de développer un autre atout compétitif, basé sur notre capital humain : de petites équipes soudées, qui ont l’habitude de travailler ensemble et se sentent réellement impliquées dans l’avenir de l’entreprise."

Avec l’aide de son responsable RH, Xavier Radelet a travaillé à valoriser ses équipes, à les fidéliser et à les motiver.

"C’est une position à contre-courant du secteur, qui recourt massivement aux travailleurs détachés pour réduire ses coûts. Nous préférons parier à long terme sur la disparition progressive du phénomène au fur et à mesure que le différentiel salarial et social s’équilibrera entre la Belgique et les pays de l’Est. Nous travaillons donc sur l’organisation, l’efficacité et la motivation de nos équipes. C’est un investissement, dans le sens où le coût d’avoir notre propre payroll nous handicape pour répondre aux appels d’offres, mais c’est un choix délibéré conforme à nos valeurs et à notre vision à long terme de l’évolution du secteur."

Un chantier toujours ouvert

Le programme D&D a permis à Xavier Radelet d’exercer plus efficacement son rôle de CEO et de s’appuyer sur les compétences au sein de l’entreprise et de l’équipe dirigeante pour entamer une transformation qui porte aujourd’hui ses premiers fruits.

"Mais le travail est loin d’être terminé, s’empresse-t-il de préciser. Nous creusons toujours d’autres pistes. Par exemple, nous nous appuyons sur nos connaissances pour nouer des partenariats avec des bureaux d’architectes et des bureaux d’ingénieurs pour travailler à la conception d’offres intégrées."

Dans un contexte de diminution des budgets et de plannings plus serrés, les donneurs d’ordre sont moins souples qu’avant face aux ajustements qui ont lieu en cours de chantier pour pallier les difficultés techniques dues à des erreurs de conception.

"Nous voulons nous appuyer sur notre expérience des nouvelles techniques passives pour développer des partenariats avec les architectes et les ingénieurs afin de les aider à mieux tenir compte de l’impact technique de leurs choix. Cela nous permettra d’acquérir ensemble une plus grande efficacité opérationnelle qui constituera à terme un autre avantage sur la concurrence. Et nous explorons encore d’autres pistes."

Une histoire à suivre, donc…

Plus d'info sur le programme : Dirigeant et Développement

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